Mon article publié par Courrier International

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LIBAN • Un ballon pour la paix

Afin de favoriser le dialogue entre les différentes communautés ethniques et religieuses, une association internationale organise des matchs de football pour les enfants. Une expérience qui porte ses fruits.

02.07.2009 | Cagil Kasapoglu | The Daily Star

 

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Au Moyen-Orient, l’ONG danoise CCPA mène des actions dans quatre pays

Ecolo

L’école des Frères, dans le quartier de Gemmayzé, à Beyrouth, a décidé de convertir le toit de son bâtiment en jardin. “Professeurs et élèves ont voulu ainsi exprimer leur désaccord avec les transformations que connaît le paysage urbain de la capitale libanaise. En effet, les toits des immeubles sont envahis par les réservoirs d’eau, les antennes de télévision et les paraboles satellitaires”, rapporte Asharq Al-Awsat.

L’ONG danoise Cross Cultures Project Association in Lebanon (CCPA) a trouvé un nouveau moyen de promouvoir la paix dans les zones de conflit. Cette association qui, depuis 2005, œuvre à établir le dialogue et la coopération au Liban en dépit des clivages culturels organise des rencontres de foot entre des groupes ethniques ou religieux différents. C’est ainsi que le parc Ras Al-Ain, à Baalbek, dans la vallée de la Bekaa, a accueilli, fin juin, le tournoi de football de l’Open Fun Football School. L’affluence des spectateurs témoigne de l’intérêt porté par la population locale à ce type de manifestation. Quelque 250 enfants et leurs parents ont participé aux activités organisées par la CCPA. “Notre objectif est de créer un dialogue entre des communautés ethniques ou religieuses différentes dans des pays divisés”, explique Jens Juul Petersen, chargé de projet au sein de l’association. Il ajoute que, en choisissant le football, la CCPA rassemble des enfants “qui n’ont pas suffisamment l’occasion de se rencontrer. Nous sommes également fiers de voir qu’un grand nombre de filles souhaitent se joindre à nous, alors que le foot est généralement plus populaire chez les garçons.”

Il n’avait jamais rencontré d’enfant palestinien

Selon ce travailleur social, le projet de la CCPA a non seulement pour ambition de faire tomber les barrières ethniques et religieuses, mais aussi d’“éliminer les tabous en offrant aux enfants la possibilité de partager des expériences”. Jacques, un petit chrétien de 7 ans de Baalbek, dit avoir été enthousiasmé à l’idée d’avoir des camarades issus de familles différentes. Il n’avait jamais rencontré jusque-là d’enfant palestinien, mais aujourd’hui il en connaît plusieurs. Lorsqu’on de­mande à ses parents pour quelles raisons ils l’ont encouragé à s’inscrire à l’Open Fun Football School, ils répondent en français : “Socialisation et connaissance”. La municipalité de Baalbek a soutenu le tournoi, qui durait une journée, en offrant aux participants de la nourriture, de l’eau et des cadeaux. “Nous sommes heureux d’accueillir à Baalbek des visiteurs danois”, se félicite son vice-président, Khaled Rifai. Pendant la guerre de l’été 2006 avec Israël, un grand nombre de cours de récréation, de jardins et d’espaces publics ont été dévastés dans le sud du Liban, à Baalbek et dans la banlieue sud de Beyrouth, privant ainsi les enfants de lieux où ils peuvent se retrouver. “Nous offrons aux jeunes de la nouvelle génération la possibilité de s’approprier leur environnement et de reprendre confiance en eux”, explique le coordinateur régional de la CCPA, Anders Ronild, qui a également travaillé au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Liban. “Chaque semaine, au moins 8 000 membres de la CCPA prennent une part active au projet”, précise-t-il. Le choix du football semble avoir atteint son but en créant une unité entre les diverses communautés présentes à Baalbek. “Sur les participants inscrits, 35 % sont d’origine palestinienne, 30 % sont chiites, 20 % sont sunnites et 15 % sont chrétiens”, observe Mohammed Abdulsater, un entraîneur qui a dirigé l’équipe de volontaires chargée de superviser le tournoi. Anders Ronild souligne l’importance du rôle des bénévoles dans les projets en faveur de la paix de la CCPA, et explique qu’ils sont motivés par trois grands facteurs. “Il faut que la cause soit valable, que le besoin soit manifeste et, surtout, que les activités soient divertissantes”, dit-il.

Les pouvoirs publics libanais n’étant pas en mesure de répondre aux besoins d’un grand nombre d’enfants, des organisations internationales participent à des activités de développement au Liban. “Le Danemark consacre 0,8 % de son PIB à des projets en faveur de la paix dans des pays en développement”, indique Jens Vesterager, le représentant de la Rockwood Foundation, l’un des bailleurs de fonds de la CCPA. Le ministère des Affaires étrangères danois participe également au financement de l’ONG. “Le Danemark est depuis longtemps un pays de paix. C’est la raison pour laquelle nous finançons les projets de la CCPA en faveur de la paix au Liban”, ajoute Jens Vesterager. Le choix du football n’est pas uniquement lié à la culture sportive danoise, il sert également les intérêts des enfants libanais, “qui n’ont pas accès aux installations requises du fait de leur situation économique”. Fatmi, la mère de Saleem, un enfant de 9 ans du camp de réfugiés palestiniens Wavel [en arabe El-Jalil, ce camp servait de baraquement à l’armée française], à Baalbek, rend hommage à la CCPA en la qualifiant d’“organisation exceptionnelle”.

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